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Tableau noir
Chapitre 11: De la vérité à la réconciliation
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De la vérité à la réconciliation
L'intensification des problèmes sociaux dans les collectivités autochtones et les conflits entre les groupes autochtones et le gouvernement fédéral au milieu des années 1990 ont mis davantage en évidence l'héritage destructeur de l'expérience des pensionnats Indiens. Les chefs de file autochtones ont aussi aidé à entamer un dialogue entre les survivants et les survivantes, le gouvernement fédéral et les Canadiens et Canadiennes. En 1991, par exemple, le chef national Phil Fontaine a divulgué à la population les sévices dont lui-même avait été victime alors qu'il fréquentait le pensionnat...
C'est dans ce climat de divulgation et de dialogue que la Commission royale sur les peuples autochtones a été créée. En réponse au rapport en cinq volumes de la Commission, qui mettait en lumière le lien indéniable entre la crise sociale dans les collectivités autochtones et le régime des pensionnats, le gouvernement fédéral a adopté un Plan d'action avec les Premiàres nations. Ce plan a mené à la mise sur pied de la Fondation autochtone de guérison en tant que moyen de subventionner sur une période de dix ans les initiatives de guérison axées sur la collectivité. En contrepartie, le mandat de la Fondation autochtone de l'espoir (en anglais seulement) est d'éduquer, de sensibiliser et de favoriser la compréhension des séquelles des pensionnats Indiens, y compris ses répercussions intergénérationnelles sur les peuples des Premiàres nations, métis et inuits, et de soutenir le processus de guérison continu des survivants et survivantes des pensionnats. La réalisation de ce mandat permet de favoriser la réconciliation entre les générations d'Autochtones et entre les Canadiens et Canadiennes autochtones et non autochtones.
Alors que les survivants et survivantes et les groupes d'intervenants exercent des pressions sur le gouvernement pour traiter des préoccupations des survivants, un nombre important de recours collectifs a été entamé. À la suite de négociations avec des groupes et représentants autochtones clés, en 2007, le gouvernement du Canada a mis en place la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens. Cette entente prévoit des mesures de restitution et des procédures de recours par l'entremise de plusieurs initiatives et de programmes de financement. Des processus de règlement des revendications et de remboursement de frais juridiques ont été mis en place, des fonds ont été octroyés pour des initiatives de guérison et de commémoration comme celles qui font partie de la Journée nationale de réconciliation. Une allocation de fonds a aussi doté la Fondation autochtone de guérison d'un montant de 125 millions de dollars pour une période de cinq ans. Parmi les programmes, il y a celui de l'Expérience commune, qui est un programme de commémoration, et un programme d'intervention et d'information du public...
La Convention a aussi permis la mise sur pied de la Commission de vérité et de réconciliation. Pour certains survivants et survivantes, les diverses déclarations de regret, de condoléances, de peine et d'excuse émises par les églises > et les gouvernements pour leur participation au régime des pensionnats indiens leur ont permis de tourner la page sur cette douloureuse période de leur vie. Le silence avait été brisé et maintenant, le temps était venu de parler. Certains ont trouvé un certain soulagement en partageant leur vécu tandis que pour d'autres attendent toujours le moment de faire entendre leur voix. Mais le soutien et les ressources sont en place. Les activités de la Commission de vérité et de réconciliation, la consignation des récites, la commémoration et les initiatives historiques des centres d'archive et de recherche sont tous des moyens pour les autochtones et les non-autochtones de partager ces voix et ces récits avec tous les Canadiens et Canadiennes. Ce sont des récits de ceux et celles qui ont survécu à l'expérience des pensionnats indiennes. Des récits qui sont une partie intégrante et importante de l'histoire collective du peuple canadien tout entier.
Phil Fontaine, paré de sa coiffure de chef de l'Assemblée des Premiàres nations, observe alors que le premier ministre Stephen Harper présente des excuses officielles pour plus d'un siècle de violence et de suppression culturelle dans les pensionnats. (Tom Hanson/ La Presse canadienne)
...les déclarations de regret, de condoléances, de peine et d'excuse...
Église anglicanne s'excuse (site web non disponible en français)
Église presbytérienne s'excuse (site web non disponible en français)
Évêque Murry s'excuse (site web non disponible en français)
Église Unie s'excuse (site web non disponible en français)
Télécharger la Présentation des excuses
(PDF / 289 KB)
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Viola Papequash, Survivante
Pensionnat Gordon's, Punnichy, Saskatchewan
« Je dis les prières avec (les jeunes) et je leur parle des pensionnats. Je ne le raconte pas toutes mes expériences mais je leur dis que j'ai été au pensionnat pour qu'ils puissent peut-être comprendre. Ils sont aux prises avec beaucoup de problèmes, les jeunes, et un est l'identité et l'estime de soi et être fiers de qui ils sont. Leurs parents ne leur ont pas transmis ça à cause des pensionnats.
Alors je vois la nouvelle génération aux prises avec ça, ne sachant pas qui ils sont et ne sachant pas comment être dans le monde, vous savez... C'est notre croyance, en tant que Premiàres nations, qu'on ne doit pas penser qu'à nous-mêmes. Il faut qu'on pense à la prochaine génération, et à toutes celles qui suivront. Je vais terminer là-dessus. Il faut qu'on pense à ceux qui vont venir après nous. Ils ne sont pas encore ici, mais il faut qu'on se prépare à les accueillir. Et se préparer veut dire qu'il faut qu'on laisse tomber ces blessures et cette douleur qu'on traîne avec nous. On ne peut pas en faire notre vie. »
Viola Papequash, Survivante
Pensionnat Gordon's, Punnichy, Saskatchewan
