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Tableau noir
Chapitre 9: Impacts durables
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Répercussions durables
Les enfants autochtones qui ont fréquenté les pensionnats indiens et qui ont survécu à leur régime sont connus sous le nom de survivants et survivantes, terme qui témoigne de façon tragique de nombreux enfants qui n'ont pas survécu à leur passage au pensionnat. Environ 85 000 survivants et survivantes vivent encore aujourd'hui.
Les enfants qui sont victimes de mauvais traitements sont souvent incapables d'exprimer leurs sentiments par rapport aux agressions qu'ils ont subies parce qu'ils intériorisent leur colère, leurs craintes, leur deuil et leurs sentiments de culpabilité. Ces sentiments non résolus peuvent causer des traumatismes affectifs et donner suite à la reproduction des agressions subies ou à des comportements destructeurs comme l'abus d'alcool ou d'autres drogues, la toxicomanie, l'autosabotage, l'autodestruction ou le mauvais traitement d'autrui, la dissociation (incapacité de ressentir) et la prise de risques. Les survivants et survivantes peuvent aussi avoir des troubles de stress post-traumatique, les forçant à revivre la peur, la détresse ou l'horreur reliées aux événements traumatisants dont ils ont été les victimes ou les témoins. Une personne qui souffre de troubles de stress post-traumatique peut avoir de la difficulté à dormir, des hallucinations ou des flashbacks, ou retours éclairs, provoqués par quoi que ce soit qu'ils associent à l'événement qui les a traumatisés, comme une odeur, la vue d'un objet, ou une saveur. Ces personnes revivent donc les pénibles événements dont ils ont été les victimes ou les témoins. Les survivants et survivantes peuvent aussi avoir d'autres troubles mentaux comme l'évitement, la dépression et l'anxiété.
Par survivants et survivants intergénérationnels, on désigne toute personne qui a subi les effets du dysfonctionnement intergénérationnel provoqué par l'expérience des pensionnats. Parmi ces personnes, il y a celles qui ont été abusées par des survivants ou survivantes ou des victimes de ces personnes et, de façon plus générale, ceux et celles qui vivent dans des collectivités dysfonctionnelles dont les racines remontent à la rupture de la famille et de la collectivité provoquée par des générations d'enfants séparées de leurs familles...
Au début des années 1990, il y avait environ 287 350 survivants et survivantes intergénérationnelles au Canada, dans des réserves ou hors de celles-ci. Les survivants et survivantes intergénérationnelles ont subi les répercussions indirectes des pensionnats indiens parce qu'ils et elles ont été élevés par des personnes qui avaient subi de terribles agressions sur les plans physique et affectif, des personnes qui ne pouvaient pas toujours servir de parents à leurs enfants. Le manque d'habiletés parentales est l'une des répercussions les plus profondes du régime des pensionnats indiens. Il s'agit aussi sans doute de l'un des résultats les plus prévisibles compte tenu du conditionnement social extrêmement négatif des élèves des pensionnats indiens.
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Basil Ambers, Survivant
École St. Michael's à Alert Bay, C.-B.
« J'ai été (à l'école) pendant neuf ans, apparemment. Je le savais pas. On ne savait pas combien de temps on était là. On s'en fichait. On se fichait de l'éducation. C'était pas ça l'idée. Survivre était la seule chose qui nous intéressait et la seule chose qui nous motivait, tous mes amis. Il en reste juste une petite poignée. C'est tout. Des douzaines se sont suicidés, noyés, ou saoulés à mort. D'autres ont croulé sous les drogues.
... (M)ais il faut que tu guérisses. C'est le principal. Il faut que tu guérisses. Et il faut que tu te regardes en face. Il faut que t'arrives à la conclusion que t'es pas un mauvais homme ou une mauvaise femme... Il faut qu'on retourne aux sources de beaucoup de choses.
Une des choses que j'ai essayé de promouvoir dans une de nos rencontres (de guérison) ... c'était de retrouver le sens du respect pour nos femmes, qu'on avait perdu. On ne respectait plus nos femmes. On les maltraitait beaucoup très souvent. Mais les blessures faisaient encore trop mal et on ne s'est jamais rendus jusque là.
... (Ç)a me dérange quand quelqu'un vient me dire, « Il faut que t'apprennes à vivre, mon gars, il faut que t'apprennes à accepter ces choses-là. C'est arrivé. C'est fini. » Mais c'est pas fini. Les pensionnats sont le plus grand facteur qui a ébranlé le peuple indien jusqu'à ses racines et ça a complètement changé notre regard sur l'histoire. »
Basil Ambers, Survivant
École St. Michael's à Alert Bay, C.-B.
Répercussions intergénérationnelles
Liste des répercussions intergénérationnelles de Que sont devenus les enfants.
Les peuples autochtones souffrent d'un traumatisme historique qui dure depuis cinq cents ans. Aujourd'hui, les Autochtones commencent à comprendre pourquoi leurs problèmes sociaux courants sont profondément enracinés dans l'expérience des traumatismes résultant de l'expérience des pensionnats. Ce traumatisme historique non résolu continuera à affecter les individus autochtones et leurs collectivités jusqu'à ce qu'il soit complètement confronté sur les plans psychologique, affectif, physique et spirituel.