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Tableau noir
Chapitre 5: Expériences des Inuits et des Métis
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L'expérience des Inuits et des Inuvialuits dans les pensionnats
Dans le Nord, de nombreux pensionnats ou missions étaient considérés comme des externats, ou « école de jour », bien que la majorité des élèves vienne de collectivités éloignées et pensionnaient dans des foyers à côté de l'école. Le programme scolaire des écoles de jour était adapté du programme des écoles du sud afin de tenir compte des réalités de la vie dans le Nord. Cependant, les effets de l'isolation, l'instruction religieuse qui semait la discorde et les mauvais traitements étaient toujours présents.
Abraham Ruban, Grolier Hall, Inuvik
« Cette première nuit-là, au pensionnat, j'ai fait des cauchemars. Dans mes cauchemars, je voyais le visage de cette soeur et j'ai fait des cauchemars toute la nuit. Je me suis réveillé le matin et j'avais mouillé mon lit tellement j'étais désorienté, j'avais peur et tout le reste. Elle est sortie et tous les autres enfants s'étaient habillés et étaient déjà partis. Elle est sortie et elle a vu que je dormais encore et elle a vu que j'avais mouillé mon lit. Elle m'a tiré du lit et m'a donné ma premiàre raclée. »
« De façon générale, mes parents m'avaient appris à ne jamais subir de violence de la part de personne. Alors, je me suis défendu. Elle a commencé par me gifler au visage en me tirant du lit et en me traitant d'« espèce de cochon » [...] Et elle me disait qu'elle n'avait jamais vu un vaurien comme moi. C'était mon premier face à face avec cette femme. Je me défendais, et plus je me défendais, plus elle frappait fort. Puis, elle a commencé à se servir de ses poings, alors j'ai simplement reculé et ça s'est terminé là. »
« Ce fut le premier de nombreux affrontements. J'ai alors réalisé que ça allait durer pendant de nombreuses années. Je pouvais voir ce que ma relation avec elle allait être pendant toutes des années. Et ça n'a pas cessé. Elle se déchaînait sur moi et je me défendais du mieux que je pouvais ».
^ Enfants inuit qui devaient passer l'été à l'école parce qu'ils habitaient trop loin,
école de la mission anglicane à Aklavik (T.N.-O.), 1941
Photographe : M. Meikle
Bibliothèque et Archives Canada / PA-101771
L'expérience des Métis dans les pensionnats
Les enfants métis, qui à l'origine, avaient été rejetés par le gouvernement canadien, ont été plus tard encouragés à remplir les places vides laissées par les enfants indiens. Les enfants métis étaient confrontés à un racisme provenant de toutes parts : ils étaient ostracisés par les autres élèves et étaient traités en tant que citoyens de deuxième classe, car on les faisait travailler plus longtemps et plus fort pour qu'ils « gagnent » leur éducation. On n'en voulait pas dans les écoles blanches et le ministère des Affaires indiennes ne leur reconnaissait pas le statut d'Indien. Avec des options à ce point limitées, les parents métis devaient souvent payer pour faire éduquer leurs enfants et les plaçaient dans n'importe quelle école qui les acceptait.
> Mollie était une jeune Métisse qui fréquentait le pensionnat indien de Carcross. Elle a contracté le choléra lorsqu'une épidémie a frappé son école en 1907. Elle en est décédée et a été enterrée près de l'évêque Bompas. Archives du Yukon, Église Anglicane, Diocèse du Yukon, 86/61, # 591
v Jennie Wright et sa classe d'élèves métis,
1950. Photo : Musée canadien des civilisations,
image 2002-2.
Cette photographie un peu floue est une trouvaille rare et importante, car son inscription témoigne des nombreux enfants métis qui fréquentaient les pensionnats autochtones. Le gouvernement et les archives ont tous deux contribué à la « perte » des enfants métis dans l'histoire : le gouvernement qui n'a pas tenu compte des enfants métis qui aidaient à remplir les salles de classe destinées aux élèves des Premiàres nations admissibles au financement gouvernemental et les pratiques d'archivage de l'époque qui n'ont pas permis la conservation de photographies d'enfants métis fréquentant les pensionnats.